Éditorial
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D'Angiolini Giuliano

D'Angiolini Giuliano

Compositeur italien né en 1960.
Giuliano d’Angiolini est compositeur et musicologue. Né à Rome en 1960 il vit à Paris depuis 1988. Ses œuvres ont été jouées par les ensembles 2e2m, Modern, Fa, Ictus, Alter Ego, Le Banquet et dans plusieurs festivals importants (Ars Musica, Aujourd’hui Musiques, Festival d’Automne, Musica, Voix Nouvelles...). Un disque de ces compositions, interprété par l’ Ensemble 2e2m, est en voie de publication par la maison discographique Assai.
Gérard Pesson a écrit de lui : « Giuliano d’Angiolini est absolument singulier dans le paysage musical. Sa démarche profonde, réfléchie, obstinée, l’a conduit à élaborer une musique qu’il appelle impersonnelle, musique dont toute idée de développement ou de forme est bannie.
Par des états successifs d’évidences, qui ont à voir avec l’élucidation, d’Angiolini dit avoir voulu “laisser sa place au son pour que la musique devienne moins volontaire”, approche qui l’a conduit à privilégier la superficie – démarche rien moins que superficielle -, la part immédiate de toute proposition sonore, et le présent, qui est la superficie même du critère temporel.
Dans les œuvres de d’Angiolini, le processus et la matière musicale ne font qu’un et sont livrés à nu. Ce qui est donné à entendre est non discursif, délibérément sans articulation formelle. Il est même loisible de s’en détacher puis d’y revenir librement, comme si le compositeur voulait utiliser positivement les mutations négatives de l’auditeur citadin d’aujourd’hui, bombardé de stimuli. [...].
Parmi les éléments repérables du travail de d’Angiolini, la consonance, matériau pris en soi, voulu débarrassé de toute implication historique, dégagé de toute grammaire tonale ou modale, de toute syntaxe, et, en somme, soustrait à l’idéologie. Certaines de ces consonances d’angioliniennes, s’appauvrissant à plaisir, peuvent provenir d’un matériau préexistant. Sa sélection, ou mieux encore sa captation est alors appelée à le rendre neutre : fragments infimes de chorals de Bach (Encore Chorals), bribes de la Messe de Tournai (Simmetrie di ritorno), du Codex Bamberg (In saeculum), de Schubert (Allegretto 94.6.2). Il s’agit de décontexter l’objet trouvé pour renouveler l’écoute.[...]
En se penchant avec beaucoup de science et de tendresse sur les chansons populaires, les musiques de Pérotin, d’Agricola ou celles de l’île grecque de Karpathos (dont il a publié des enregistrements remarquables), d’Angiolini a préparé sa tabula rasa : faire “une musique qui ne soit plus construite sur les exigences de la compréhension, mais sur la perception du phénomène” [...] ».